Les pôles métropolitains dans le Grand Est

Créé par la loi de réforme des collectivités territoriales du 16 décembre 2010, le pôle métropolitain constitue un nouvel outil à disposition des intercommunalités permettant de regrouper des agglomérations et aires urbaines pour faciliter la coopération et le développement interterritorial. Ce dispositif est inspiré entre autres de l’exemple du Sillon lorrain qui s’était déjà en 2005 constitué en association fédérant les villes de Metz, Nancy, Epinal et Thionville. Depuis l’adoption de la réforme, on constate un vrai engouement pour cet outil, confirmé par le bilan dressé lors la deuxième journée nationale du réseau des pôles métropolitains qui s’est tenue début juillet 2012. Alors que six pôles avaient été constitués officiellement à cette date, une vingtaine d’autres projets de création existe à différents stades d’avancement. Dans le Grand Est, toutes les régions se sont mobilisées pour la mise en place de ce type de coopération.

En Lorraine

Pionnier en la matière, le « Sillon Lorrain » réunit avec Thionville, Metz, Nancy et Epinal les principales collectivités territoriales situées sur l’axe Nord-Sud structurant de la région Lorraine, et représentant plus de 1 200 000 habitants. Cette coopération métropolitaine s’est approfondie progressivement au fil des ans, une association ayant déjà été constituée en 2005. La constitution officielle en tant que pôle métropolitain a eu lieu en janvier 2012. Les centres d’intérêt communs concernent le marketing territorial et le développement économique, y compris le tourisme, les infrastructures et les TIC, l’enseignement supérieur qui accompagne le renforcement de l’Université de Lorraine issue de la fusion des établissements de Metz et Nancy, mais aussi la santé et surtout la coopération transfrontalière dans le cadre de l’espace de la Grande Région.

En Alsace

A quelques jours près, le pôle « Strasbourg-Mulhouse » peut se targuer d’être le premier en France à s’être vu décerner le statut de pôle métropolitain officiellement en décembre 2011. Lancée récemment, l’initiative a rapidement pris de l’ampleur au cours de l’année passée, l’installation du comité métropolitain ayant eu lieu en février 2012. L’enjeu pour cette année est de définir les axes de travail prioritaires pour la coopération entre les deux grandes conurbations alsaciennes dans le cadre d’une série d’ateliers de concertation qui réunissent élus mais aussi acteurs économiques et de la société civile.
Cette mobilisation intervient dans le contexte des travaux en cours pour l’établissement du Conseil unique d’Alsace, ce qui pose la question de savoir en quelle mesure ces démarches sont concurrentes ou complémentaires. Dans tous les cas, l’initiative se veut ouverte sur le transfrontalier, prévoyant d’ores et déjà un renforcement de la coopération entre les grandes villes dans le Rhin supérieur.

En Franche-Comté/Bourgogne

La région franche-comtoise connait deux projets de création de pôle métropolitain, dont un au niveau interrégional avec la Bourgogne, entre les agglomérations de Besançon et de Dijon. Besançon fait également partie du pôle « Centre Franche-
Comté » qui a été lancé en avril 2012 et intègre par ailleurs Dole, Lons-le-Saunier, Pontarlier et Vesoul, réunissant 320 000 habitants. En revanche, l’aire urbaine bien structurée de Belfort-Héricourt-Montbéliard au nord de la région ne s’était pas montrée intéressée par cette initiative et est engagée dans la réflexion sur l’éventualité d’un pôle métropolitain de son côté. Les axes de travail envisagés concernent l’offre touristique, la filière bois, les transports, ou encore la santé.
En ce qui concerne le pôle métropolitain Besançon-Dijon, la réflexion sur le projet est engagée depuis deux ans et un accord sur une éventuelle création en 2013 a été officialisé au début de l’année. Complémentaire au pôle « Centre Franche-Comté », cette coopération devrait s’articuler autour des enjeux du développement économique et du tourisme, de l’enseignement supérieur et de la recherche, et du transport.

En Champagne-Ardenne/Picardie

Projet en cours de construction, la coopération métropolitaine en Champagne-Ardenne est portée depuis 2005 par l’association G10 regroupant les villes de Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Château-Thierry, Épernay, Laon, Sedan, Soissons, Reims, Rethel, Vitry-le-François et qui intègre donc également trois villes picardes. Fin 2011, les élus de ce territoire qui se définit autant par sa structure polycentrique que par la présence de villes de petite taille ont acté leur volonté de créer un pôle métropolitain. La coopération s’est progressivement étendue et approfondie au cours des années précédentes à travers notamment des groupes de travail thématiques qui se réunissent régulièrement pour des échanges de bonnes pratiques, le lancement d’études et la mise en place d’actions communes. En fonction des enjeux, cette coopération est mise en œuvre selon une logique de géométrie variable, à l’instar de l’action menée par les territoires labélisés « Villes et pays d’art et d’histoire ». Autre spécificité : la volonté de communiquer vers le grand public sur cette initiative métropolitaine, par exemple à travers l’organisation de circuits cyclo-touristiques à travers le territoire du G10.

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