Les initiatives climat en Allemagne

Protection du climat : la contribution des communes dans le Bade-Wurtemberg

Première région en matière d’innovation en Europe avec une des économies les plus compétitives, le Bade-Wurtemberg est également à la pointe en ce qui concerne la politique climatique, bien au-delà de l’exemplarité de la ville de Freiburg, devenue un lieu de pèlerinage pour les intéressés. Ainsi, l’ancienne ministre de l’environnement et des transports, Tanja Gönner, a pu souligner en 2010 dans le cadre de l’élaboration du nouveau programme du Land pour la protection du climat que l’émission de CO2 par habitant se situe avec 6,8 tonnes par an plus de 30% en dessous de la moyenne nationale.

Dans un contexte général où l’attention publique a été plutôt portée vers l’international et les âpres négociations entre gouvernements, l’importance de la place des acteurs locaux, et notamment des collectivités territoriales, a été progressivement mise en avant au cours de ces dernières années. Ainsi, quand les 192 chefs d’Etat et de gouvernement se sont réunis en décembre 2009 à Copenhague pour la 15ème conférence sur le climat afin de dessiner les bases de l’accord qui succéderait à celui de Kyoto en 2012, ce qui a été noté, au-delà des résultats mitigés, c’est l’élan mobilisateur des collectivités.

Par conséquent, le Bade-Wurtemberg mise depuis longtemps très activement sur l’engagement de l’échelon local afin d’atteindre les objectifs de sa politique climatique. Il a mis et continue à mettre à disposition de nombreux soutiens aux communes à l’instar de l’initiative pionnière « Klimaschutz-Plus » créée en 2002 et qui depuis a inspiré des mesures similaires à travers l’Allemagne, affirmant ainsi le rôle précurseur du Land en la matière. L’initiative, à reconduite dans le cadre du programme actuel « Klimaschutzkonzept 2020PLUS » adopté courant 2010, soutient les investissements ciblant des immeubles non résidentiels pour réduire les émissions de CO2, la création des dispositifs assurant un conseil énergétique à l’échelle et à destination des communes ainsi que des projets pilotes. Parmi les retombées on constate, par exemple, que le Bade-Wurtemberg se positionne en leader en ce qui concerne la valorisation de la chaleur résiduelle et qu’il dispose également du réseau d’agences locales d’énergie le plus dense en Allemagne, voire en Europe.

L’implication des communes se manifeste pour sa part de manière exemplaire, par une grande réactivité aux divers programmes et mesures de soutien prévus au niveaux régional, national et européen mais également par leur grand engagement à porter des projets. Ainsi, un tiers des soixante-et-onze « Villages de bioénergie » en Allemagne, des communes rurales qui assurent leur autarcie énergétique par un approvisionnement autonome en chaleur et en électricité par la biomasse, se situent au Bade-Wurtemberg. Dans une déclaration commune avec le ministère de l’environnement datant d’avril 2010, les différentes fédérations de collectivités locales du Land se sont engagées à réduire de 35% les émissions de CO2 des bâtiments communaux à l’horizon de 2020 sur la base des valeurs de 1990. Suite à l’avalanche politique qui a porté au pouvoir une coalition entre les partis des « Verts » et des sociaux-démocrates et sur fond de la décision récente du gouvernement fédéral d’Allemagne de prévoir la sortie de l’énergie nucléaire, les défis d’avenir pour les politiques climatiques et énergétiques sont énormes pour le Bade-Wurtemberg. Car il ne faut pas non plus oublier que le Land s’approvisionne pour un quart avec de l’énergie nucléaire.

Une action exemplaire en Rhénanie-Palatinat

Le Rhénanie-Palatinat mise également sur l’impact que peuvent avoir les communes sur la protection du climat et les soutient activement. Ainsi, le Land a pris l’initiative d’associer les villes et les communes dans un appel d’offre portant sur l’achat d’ordinateurs et de moniteurs qui intègre des critères écologiques et sociaux leur permettant d’avoir les mêmes conditions avantageuses. Cette mesure a, par son exemplarité, retenu l’attention notamment de l’ « Alliance pour le Climat », réseau européen de villes et de communes engagées en faveur de la protection du climat et des forêts tropicales.

Coopération transfrontalière dans le Rhin supérieur

www.trion-climate.net

Le 29 juin 2010 a vu l’inauguration des locaux du réseau trinational franco-germano-suisse « TRION » sur l’énergie à Kehl, doté de deux salariés permanents et d’un budget de 900.000 euros jusqu’en 2013. Avec à l’horizon la création d’un véritable cluster transfrontalier dans le secteur de l’énergie, l’ambition de cette initiative vise à s’imposer à l’échelle européenne voire internationale. Le projet se fonde sur une série de coopérations transfrontalières en la matière, notamment dans le cadre des différents programmes INTERREG, mais est avant tout porté par l’action de la Conférence du Rhin supérieur, et notamment sa commission « Protection du climat ».

ICLEI

www.iclei.org

L’ICLEI, ou l’ « International Council for Local Environmental Initiatives », est une association fondée en 1990 sous le parrainage du programme des Nations unies pour l’environnement qui rassemble les collectivités locales à travers le monde afin d’améliorer leurs impacts et performances en matière de protection d’environnement. Le secrétariat européen de l’organisation se situe à Freiburg et est à l’origine d’un grand nombre d’initiatives et de projets d’envergure dont l’objectif est de développer des outils à destination des communes, notamment en matière de protection du climat. 

Flux RSS / Copyright IGT.ITG / Mentions légales / Site réalisé par La Fabrique ouèbe & AR-Graphic / Admin